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Chansons entre amour et drame.
« Il y a des blessures chez elle, l’amour encore, la vie contemporaine souvent. Il y a des douceurs chez elle, l’amour toujours, la vie aussi. Elle porte un prénom de littérature parce qu’elle est verbe et maux, mais il faut se méfier de ses élans parfois gouailleurs dans les pointes d’accent qui l’associeraient à la famille des chanteuses mélodramatiques d’un siècle révolu. Héloïse vient d’un temps plus ancien, rousseauiste pour tout dire, où l’existence de chacun se construit malgré les contraintes, voire contre et grâce à elles. Elle est une enfant du contrat social amical, de l’alternatif, de la solidarité et du partage, antithèses du marché. Pas facile de faire « carrière » sans draguer la grande économie, d’ignorer les marches pour monter au zénith d’un programme planifié par des marchands du culturel, mais Héloïse fait des choix plus humains, plus simples en apparence et plus sincères. Elle y va de gaieté de cœur avec sa voie qui frisonne parfois au point de s’écorcher. Oui, écorchée et bien incarnée. Son répertoire, qu’elle tricote patiemment, n’est pas un empilage de « titres » et d’atmosphères. Elle glisse d’une rivière à un torrent, d’un fleuve à un océan sans changer de couleur. En Rôth et Noir. Héloïse avance sans filet, sans fard, mis à part le sien, de phare. Il cherche des rivages, des rives sensuelles, des rimes textuelles. Il lance un appel aux marins déboussolés que nous sommes, prisonniers des déluges climatiques et des crises systémiques. Avec une robe noire et un chant de sang, je la vois, forte et fragile à la fois, nue sur cette scène enviée par tous les candidats à la reconnaissance et aux lauriers de la chanson où la vocalise puissante et formatée est reine. Avec Héloïse, tout est paix et sérénité, même quand elle accroche un ongle sur la peau vive d’un amour. Au début on peut avoir envie d’être l’ami de cette voix hors normes et hors temps. A la fin on le devient vraiment. »
Philippe Bertrand, France Inter.